Planete1N2 - Index

 
 

Répondre au sujet
paris-marseille ou l'inverse c'est selon ...
Redacteur Basket
Redacteur Basket

Inscrit le: 30 Aoû 2005
Messages: 4333
Localisation: paris
Répondre en citant
masaca evoquait semak, je ne resiste pas à vous ressortir ce passage gardé depuis tellement j'ai ri Laughing Laughing

pris sur le fofo des cahiers du football le soir meme de psg-cska moscou ... géant Génial on dirait du cricri Delire Bravo Bravo


Réaction de Harris Burton - mercredi 8 décembre 2004 - 00h56
deux ans que j'étais pas allé au Parc, me suis fait plaisir, tribune H22 rang 1, place 55, 42 euros, super ambiance, l'impression d'être entouré de potes venus à mon anniversaire, pas trop froid, un détour au Viaduc rue Molitor pour l'avant match, mon billet à 42 € dans la poche, je suis le roi du monde, ce soir c'est caviar et vodka à volonté...semak ? connais pas.

"Graille démission" en bas d'Auteuil, n'importe quoi, ces abonnés, y croient qu'le club leur appartient !

Début de match, Pichot qu'est-ce qu'il fait là ? il a perdu sa maman ? non là c'est sérieux, c'est du sport professionnel mon garçon, c'est le deuxième budget de ligue 1 qui entre en scène, donne la balle à Modes...non, il est raide donne, euh donne en retrait, yoyo c'est plus sùr.

But des visiteurs... (venus d'ailleurs), c'est pa grave, c'est tellement cool d'être venu au stade, c't'ambiance pour 42 malheureux euros seulement, on va rev'nir, c'est sûr, tiens, presque trois passes, toujours pas une occase...mais m..... y sont lestés ou quoi mes mecs ? y 's'mangent deux mètres à chaque démarrage des popov, j'sens qu'j'vais m'soulager à la mi-temps...

Ouah Yépes, devant moi, ce tacle glissé....et cette relance directe en cloche vers son vis-à-vis venu du froid, trop fair-play le Mario...

Tiens même Mendy se fait bouffer par le 19, j'coyais qu'c'était Carl lewis ce mec ?!! Bon il est pas chaud, il devait pas jouer...

mon voisin: "ça m'rappelle le début de saison, pas une passe qu'arrive..."

Bon j'ai pu trop envie de rire, la suite c'est Pinder mais en plus cher...

Faut qu'on m'explique ce qui s'passe dans la tête du troupeau d'buses lexomilées quand ils entendent siffler plusieurs milliers de gogos pour qu'ils daignent faire semblant de vouloir offrir un petit quelque chose à un public venu nombreux les aider dans leur dur labeur de millionnaire...

Graille Démission ? c'est toujours aussi con, mais je commence à comprendre les abonnés...

"Souscrivez un abonnement avant la fin décembre et on vous offre PSG-Metz..." dit le speaker à l ami-temps: il est fou ou il est c... ?
Il veut voir c'que j'vais lui offrir moi ?

ça se bat plus à Duvauchelle avec Créteil ! sauf qu'à Créteil on est pas 45000...

Le PSG 2004 est une imposture, n'y allez pas y a rien à voir...

Courage aux supps qui bossent demain, jour de chambre assuré, profil bas et rasage de murs, quand je pense à ce stade plein, je ne peux pas m'empêcher de penser que le club ne mérite pas ce public.

PS: Plus jeunes, Mendy et Cissé étaient dans les tribunes, comme moi, s'ils s'en souviennent, j'espère qu'ils ont honte de porter le maillot aujourd'hui.

PPS: tu peux rester Pichot, c'est pas si sérieux que ça finalement Triste
Voir le profil de l'utilisateurTrouver tous les messages de fredEnvoyer un message privé


Inscrit le: 15 Mai 2006
Messages: 358
Localisation: ARLES
Répondre en citant
pas mal fred
comme quoi les Parisiens savent écrire et faire rire Très Heureux

AH Paris la plus belle ville du monde
té je l'avoue je crois que c'est vrai
comme quoi dans le sud on sait reconnaître les qualités Parisiennes

Paris : ville de culture, de monuments, d'art et d'histoire ..................


.............................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................mais pas de football Siffle
Fleurs
Voir le profil de l'utilisateurTrouver tous les messages de pitoulet13Envoyer un message privéEnvoyer l'e-mail
Redacteur Basket
Redacteur Basket

Inscrit le: 30 Aoû 2005
Messages: 4333
Localisation: paris
Répondre en citant
bah avec un solde recrutement de -3 millions d'euros faut pas s'attendre a des miracles Humm tout le monde n'a pas un pigeon comme RLD à disposition Très Heureux
Voir le profil de l'utilisateurTrouver tous les messages de fredEnvoyer un message privé
Redacteur Football
Redacteur Football

Inscrit le: 29 Sep 2005
Messages: 4558
Localisation: Ile De France
Répondre en citant
pitoulet13 a écrit:
Paris : ville de culture, de monuments, d'art et d'histoire ....................mais pas de football Siffle
Fleurs


Je t'arrête tout de suite : Paris a accueilli de très beaux M en juillet 1998 : Italie-France, France-Brésil et même un superbe Nigéra-Danemark ! Très Heureux
Y'a même eu un Inter-Lazio au Parc en finale de C3 et tjs en 1998 ou un Real-Valence au SdF en C1 ! Delire
Depuis ? ... Rien... Humm Crying or Very sad (Si... Arsenal-Barça, l'an passé of course ! Rolling Eyes )
Wink Fleurs
Voir le profil de l'utilisateurTrouver tous les messages de tofaralEnvoyer un message privé


Inscrit le: 15 Mai 2006
Messages: 358
Localisation: ARLES
Répondre en citant
fred a écrit:
bah avec un solde recrutement de -3 millions d'euros faut pas s'attendre a des miracles Humm tout le monde n'a pas un pigeon comme RLD à disposition Très Heureux


RLD c'est comme un iceberg 1/4 visible 3/4 invisible
je crois pas qu'il soit assez fou pour jeter son fric comme çà
si on savait tout Siffle
Voir le profil de l'utilisateurTrouver tous les messages de pitoulet13Envoyer un message privéEnvoyer l'e-mail
Redacteur Basket
Redacteur Basket

Inscrit le: 30 Aoû 2005
Messages: 4333
Localisation: paris
Répondre en citant
n'empeche elle lui revient cher sa résidence pour le WE Delire
Voir le profil de l'utilisateurTrouver tous les messages de fredEnvoyer un message privé


Inscrit le: 15 Mai 2006
Messages: 358
Localisation: ARLES
Répondre en citant
C'est caen que le psg va gagner son premier match à domicile ? Très Heureux

(ouais je sais elle est facile) Wink
Fleurs
Voir le profil de l'utilisateurTrouver tous les messages de pitoulet13Envoyer un message privéEnvoyer l'e-mail
Redacteur Basket
Redacteur Basket

Inscrit le: 30 Aoû 2005
Messages: 4333
Localisation: paris
Répondre en citant
cest caen qu'on aura une équipe à pairs Triste là je vois pas trop comment ils vont s'en tirer vu l'état de délabrement Humm si en plus les kops s'y mettent je vous annonce le feuilleton de l'année Crying or Very sad Crying or Very sad Crying or Very sad Crying or Very sad
Voir le profil de l'utilisateurTrouver tous les messages de fredEnvoyer un message privé
Redacteur Basket
Redacteur Basket

Inscrit le: 30 Aoû 2005
Messages: 4333
Localisation: paris
Répondre en citant
up dribble2 dribble

un tres bel article tiré des cahiers du foot :

UN BARBARE QUI SAIT PLEURER
Jérôme Reijasse - mardi 22 avril 2008
C'était l'an passé dans notre numéro "Paris, Paris, on t'adule!", et le texte est plus que jamais d'actualité:
confessions d'un supporter du PSG qui ne demande pas l'absolution.
Supporter du PSG... Les rires, déjà, lèchent mes entrailles. Les rires des autres.
Ceux convertis en 1998, ceux complexés par leur province, ceux qui voudraient raser et, même pourquoi pas, fusiller tout Boulogne,
ceux qui écrivent football avec un petit f dédaigneux.
Tribune K Bleu Bas, rang 1. Géographiquement à la droite de Boulogne, juste histoire d’écœurer un peu plus les curieux.
Dix années d’abonnement. Même place, les genoux comprimés par ce balcon de béton, glacial été comme hiver, mon nom sur le siège,
mon meilleur pote à ma gauche.
Les cris, les insultes, les joies, les explosions, la mauvaise foi, les larmes parfois, bien rentrées,
la mauvaise foi encore, la haine des arbitres, les plaisanteries qui soignent, la vie.


Jamais une machine à gagner

1980 : un ange se pose au Parc. Rocheteau choisit le PSG et je le suis. Aveuglément.
À l’école, à l’heure des échanges de vignettes Panini, les doubles des joueurs parisiens atterrissent
systématiquement sur mon pupitre,
"Tiens, le faux Parigot, colle-toi au cul tes pauvres joueurs. Hé, j’ai celle de la salope de Rocheteau, tu la mettras sur tes chiottes".
Les enfants sont formidables. J’achète Onze, souvent, et, interdit de télévision, j’écoute la radio, tout le temps.
Je vibre dans le noir, partage les victoires avec Dieu, vu que mon entourage, lui, semble avoir choisi les Canaris, les Verts ou les Girondins.
Tsoin, tsoin.
Marseille n’intéresse alors personne. Douce époque. Luis, Safet, la liste est longue. Elle n’appartient qu’à moi.
Je ne suis pas un historien, juste un barbare qui sait pleurer.

Les matches se confondent tous. Très vite, je comprends que supporter le PSG, c’est d’abord accepter une évidence:
l’obsession de la victoire est un passe-temps réservé à ceux qui confondent réussite et appartenance.
Et puis, si Paris gagne, c’est parce que la capitale bénéficie de soutiens souterrains, ou qu’elle a affronté un adversaire déjà soumis.
Et si Paris perd, c’est l’expression de la justice totale.
Moi, derrière les moqueries, je sais. PSG ne sera jamais une machine à gagner, malgré les titres,
malgré les grands joueurs qui ont honoré le maillot.
PSG, c’est le refuge de ceux qui ne veulent pas se contenter de respirer. Une tragédie pathétique.
Seul(s) contre tous. Un miracle.





Le bonheur et la guerre

Le Parc des Princes. Un vaisseau spatial échoué sur terre.
Acoustique de l’apocalypse, chants qui prennent à la gorge, le stade de la fidélité toujours au rendez-vous.
La première fois, c’est le choc.
Mes jambes tremblent. Le petit garçon a grandi mais pas tant que ça. Weah marque. Un inconnu se jette sur moi, il pleure, non?
Je communie. Je comprends. Les rumeurs perçues à la radio s’incarnent. Ici, c’est Paris. Ici, c’est chez moi. Pour la vie.
Championnat de France, Coupe de France et de la Ligue, coupe d’Europe, Rai, Pilorget, Pouget, Madar,
Le Guen, NGotty, Fournier, Gaby, Valdo, Rabesandratana, Leonardo, Bats, Lama, Ginola, tout se mélange, encore une fois.
Quand le PSG domine, années 90, c’est évidemment le bonheur, quand le PSG est bafoué par Biétry
et tous les autres, c’est la guerre.
Mais c’est exactement la même. Appartenance.

Celui qui croit à la victoire éternelle est un crétin.
Quand les trompettes du succès auront cessé leur douce et martiale mélodie, les stades se videront. Tous. Sauf le Parc.
Bien sûr, ici comme ailleurs, les mécréants s’abonnent. Mais ils ne font que passer.
Le Stade Français leur tend les bras, qu’ils n’hésitent pas. Un nouveau déguisement, rose, pourquoi pas ?
Je n’ai jamais su composer, jamais su faire la part des choses.
J’aime le stress d’avant-match, j’aime la tristesse et la solitude d’après-match. Tout le monde aime la victoire.
Mais c’est bien sûr dans la défaite que les vrais supporters se reconnaissent. J’aime surtout l’idée que,
parce que je suis un supporter du PSG, je vais irriter, agacer, dégoûter, voire faire peur.
J’aime ça. "Nobody likes us and we don’t care".
La devise de l’équipe anglaise de Millwall. Je la revendiquerai jusqu’au bout.


Chambre d’enfant

Aujourd’hui, le PSG sombre. Depuis 1998, il a entamé son processus d’autodestruction.
Gestion catastrophique, conflits de couloirs, viol du maillot... Mais quel genre de mari
quitterait sa femme parce que le médecin vient de confirmer que c’était bien un cancer qui la rongeait ?
Une enflure, rien d’autre. La Ligue 2 est en vue.
Ça me réveille la nuit. Je fixe le classement et mes yeux ne peuvent plus s’en détacher.
Je calcule, prévois dans le vide.
Je hais Paris parce qu’il me déçoit, parce qu’il me rend fou, parce qu’il gangrène ma vie sociale.
Et donc je l’aime. Pour plaisanter, je me dis que le prix de l’abonnement l’année prochaine sera dérisoire, blablabla.
J’ai peur.

C’est certainement ridicule, "le football, c’est juste un ballon qui entre (ou pas) dans une cage".
Mille fois cette phrase m’a été jetée à la face. Circonstance aggravante : je n’étais pas seulement un supporter.
J’avais choisi le PSG. Club de nazis, club de riches, club corrompu, club Canal. Mon club. La tête de Kombouaré.
Le coup franc en Belgique.
Le 3-0 à Marseille, avec Ronnie qui humilie avec grâce. Galatasaray.
La Juventus qui mérite ses applaudissements. 1982, la Coupe, ma chambre d’enfant excroissance impossible du PSG.
La Corogne intraitable. Les poings serrés. Souvent. Encore. Champion de France. Le pointu de Leroy contre le Bayern.
Bordeaux qui fête son titre au Parc. Les Champs-Élysées en avril. Rai qui pleure.

Alors, la Ligue 2, je prends aussi. Pas grave. Terrible. Mais pas grave. Être supporter du PSG, ça ne sert à rien.
Ça ne vaut pas une femme, des enfants, une existence. Je ris maintenant.
L’orgasme est une foutaise comparée à l’instant où ce ballon minable franchit la ligne. Et où le Parc défie la gravité. Une foutaise !
Quand votre meilleur pote (toujours le même) vous massacre l’épaule parce que là, tout de suite,
plus rien ne compte, plus rien ne compte.
Tout est là. Vingt-cinq ans d’appartenance.

Il y a quelques années, en soirée :
- Si tu devais choisir entre moi et le PSG vainqueur de la Ligue des champions, mon amour ?
- Chérie, serait-ce du pur masochisme, ainsi, en public, ou bien...
Elle est, depuis, sortie de ma vie. J’ai même du mal à me souvenir de la couleur de ses yeux.
Diané, Cissé, tous les boiteux du PSG, eux, sont là. Aujourd’hui. Demain. Dieu n’est pas mort. Paris non plus.
Voir le profil de l'utilisateurTrouver tous les messages de fredEnvoyer un message privé
Redacteur Football
Redacteur Football

Inscrit le: 29 Sep 2005
Messages: 4558
Localisation: Ile De France
Répondre en citant
Ca remue à l'intérieur, à la lecture de ce papier ! Merci Fredo !
Voir le profil de l'utilisateurTrouver tous les messages de tofaralEnvoyer un message privé


Inscrit le: 02 Mai 2007
Messages: 1222
Localisation: PAU et sa banlieue
Répondre en citant
FORMIDABLE
Voir le profil de l'utilisateurTrouver tous les messages de cricri64Envoyer un message privé
Redacteur Tennis
Redacteur Tennis

Inscrit le: 08 Sep 2004
Messages: 4768
Répondre en citant
C'est vrai qu'avec un papier comme ça on comprend mieux la détresse qui s'empare des pauvres supporters parisiens que nous sommes Crying or Very sad Crying or Very sad Crying or Very sad

En tout cas merci fred de nous avoir sorti ça on se sent un peu moins seul tout à coup Amour
Voir le profil de l'utilisateurTrouver tous les messages de masacaEnvoyer un message privé
Redacteur Basket
Redacteur Basket

Inscrit le: 30 Aoû 2005
Messages: 4333
Localisation: paris
Répondre en citant
tous ensemble, tous ensemble .... Wink Fleurs
Voir le profil de l'utilisateurTrouver tous les messages de fredEnvoyer un message privé
Redacteur Basket
Redacteur Basket

Inscrit le: 30 Aoû 2005
Messages: 4333
Localisation: paris
Répondre en citant
j'ai hesité avec le post blague, et puis non, finalement, cette exegese est tout à fait solide et serieuse !!!!

http://www.cahiersdufootball.net/article.php?id=2774
Voir le profil de l'utilisateurTrouver tous les messages de fredEnvoyer un message privé


Inscrit le: 10 Mar 2008
Messages: 43
Localisation: Pau
Répondre en citant
Exceptionnel decryptage technique, manque plus que le decodeur aux Parisiens pour comprendre leur propre jeu.
En meme temps, ils ont achetés un excellent buteur capable de faire monter un club en L1. Je suis sur qu'ils auront leur chance l'année prochaine pour une hypothetique montée (et non pas pathétique ...).
Voir le profil de l'utilisateurTrouver tous les messages de Mc ManusEnvoyer un message privé


Inscrit le: 02 Mai 2007
Messages: 1222
Localisation: PAU et sa banlieue
Répondre en citant
Instructif , limite pédagogique , drole et grinçant : tres reussie cette séance de tableau noir Très Heureux Très Heureux !!
Voir le profil de l'utilisateurTrouver tous les messages de cricri64Envoyer un message privé
Redacteur Basket
Redacteur Basket

Inscrit le: 30 Aoû 2005
Messages: 4333
Localisation: paris
Répondre en citant
Mc Manus a écrit:
Exceptionnel decryptage technique, manque plus que le decodeur aux Parisiens pour comprendre leur propre jeu.
En meme temps, ils ont achetés un excellent buteur capable de faire monter un club en L1. Je suis sur qu'ils auront leur chance l'année prochaine pour une hypothetique montée (et non pas pathétique ...).


meme pas !!! Très Heureux l'heureux elu a une clause pour rompre son engagement en cas de descente Siffle Siffle

faut aussi dire que si il veut jouer en L1 l'an prochain il mieux au havre Frustré Frustré Frustré Crying or Very sad Crying or Very sad Crying or Very sad
Voir le profil de l'utilisateurTrouver tous les messages de fredEnvoyer un message privé
Redacteur Basket
Redacteur Basket

Inscrit le: 30 Aoû 2005
Messages: 4333
Localisation: paris
Répondre en citant
je continue, à l'occasion de cette derniere journée marquant la fin du calvaire... ou bien le début je sais plus trop ...

tirée du site paris sonne le glas Pouce

Le PSG vu du ciel
12/05/2008 – 9:36
En ces périodes de tensions ravageuses et de doutes existentiels de fin de championnat, un supporter se doit, dit-on, de prendre un peu de distance et de hauteur.

Paris Sonne le Glas a voulu le vérifier et a dépêché un envoyé spécial vivre Caen-PSG au Japon. Autant le dire tout de suite, on ne voit pas bien ce que ça change.

Samedi 9h. Maison.

Je me lève déjà miné par la pensée du match du jour, Caen-PSG. Le match le plus important de l’histoire du club. Le troisième match le plus important de l’histoire du club en moins d’un mois. Cela a de quoi titiller le fondement des plus placides. Je me regarde dans la glace en ronchonnant “Tu es en vacances, tu pars au Japon tout à l’heure et tu es encore à penser au PSG… Jure. Jure de ne plus jamais regarder un match de foot de ta vie si on ne gagne pas ce soir. Mais jure-le !”. Trop tard, je dois y aller.


Samedi 17h. A l’aéroport de Roissy Mon Général.

La foule va et vient dans cette indifférence totale à l’angoisse des autres qui fait la beauté des jungles urbaines. J’entends à peine la voix lointaine de l’hôtesse qui annonce l’imminence de l’embarquement car un détail dont vous, amis supporters, saisirez l’importance fondamentale, m’accapare : il ne reste plus qu’un exemplaire de l’Equipe sur le présentoir en libre-service. Un petit bonhomme regarde “mon” journal, l’air perplexe. Je le fixe intensément. “Dégage, mais dégage. Tu vois pas que t’es en danger.” Il lâche l’affaire. Je me précipite et ouvre nerveusement mon “précieux”. Armand, milieu gauche. [Place ici ton juron favori]


Samedi 18h30. Décollage.

C’est parti. L’avion s’arrache à la gravité, pas moi. Paris-Nagoya. 10 000 kilomètres, onze heures de vol et pas moyen de capter RMC. L’enfer.


Samedi 20h30. Repas

Enfin repas… Tous ceux qui connaissent les longs courriers compatissent. Aux autres je dirais simplement que les mots manquent pour décrire les ignominies qu’on y sert. J’ai même un temps eu des remords pour le sombre rictus dont j’avais gratifié le vendeur de sandwichs à l’aéroport. Sombre mais digne, j’insulte mentalement l’hôtesse qui dépose avec un grand sourire son plateau de malheurs accompagné d’une piquette distribuée sous la très fallacieuse appellation “Fleur du Tarn”. Il paraît qu’”eau de vaisselle”, cela faisait louche, les clients de méfiaient. Allez. Courage. Je me motive. Si je finis mon plateau avant mon voisin, on gagne ce soir.


Samedi 21h00. Zen.

Devant moi, trois japonais s’égosillent bruyamment dans un patois incompréhensible (en tout cas, très différent du français). Ils me tapent sur les nerfs. Et mon match dans tout ça ! Tout le monde s’en moque. Pas moyen d’avoir une info. Il faudra que je pense à écrire un mot à Airbus à ce sujet. Je paye des impôts, j’ai le droit.

J’essaie de me détendre. Ce soir, c’est sûr, on gagne. Obligé. Plateau repas, tout ça.


Samedi 22h00. Quelque part au-dessus de la Russie.

Derrière moi, à mon grand dam, un voisin se lance dans de pathétiques envolées lyriques sur la Russie qui est super grande et la Sibérie qui est super froide. Je suis tenté de le pourfendre d’une remarque mordante qui m’aurait sans nul doute valu les regards admiratifs de quelques cuistres mais je m’abstiens. Il a un faux air de Philippe Lucas alors je me méfie. En plus, je ne trouvais pas vraiment de vannes.

De nouveau mes pensées vagabondent. “Ah ah, ces pitres de Caen, ils ont qui ? Nivet ?” Nivet. Je ris intérieurement. Il n’y a rien à craindre, on va les laminer.


Samedi 23h00. Nuit.

Les hôtesses viennent éteindre les lumières. Mon désarroi est immense. “Oh ! Madame ? On n’a pas vu jour de foot ! (…) Quoi vous avez pas Canal, VOUS AVEZ PAS CANAL!!!”. Oui, il faut le savoir. On paie une fortune pour un billet et on n’a pas Canal. Même au Formule 1 de Limoges, il y a Canal mais là, non. J’épluche les conditions générales de vente de mon titre de transport mais il n’existe aucune clause sur le sujet. Une fois de plus, Aulas a tout verrouillé. J’essaie de me calmer mais va faire le lotus avec 50 cm d’espace pour tes jambes.


Dimanche 00h00. Insomnie.

Impossible de dormir. Tout le monde dit que ce n’est pas facile de jouer Caen en ce moment, mais bon sang, on n’est pas tout le monde, on est PSG !

Misère, on est PSG… Respire. Détends-toi.

Je regarde autour de moi. Rien ne semble avoir changé. Des gens dorment. Tout va bien. On a dû gagner.

Je me lève faire les cent pas. Je croise un japonais dans l’allée. Face à son mètre soixante bien tassé, j’ai l’impression d’être Sammy Traoré face à Baky Koné. Je serre les jambes mécaniquement. Il me contourne sans difficultés.


Dimanche 07h15. Le complot

Une des horloges vient de prendre 7 heures d’un coup. On me dit que c’est normal mais personne ne m’empêchera de voir la main de la Ligue là-dessous. Je lance un DVD intitulé Goldmember mais déception, c’est un navet stratosphérique, pas un documentaire sur Bernard Mendy.


Dimanche 10h00. Petit déjeuner.

Oui, petit déjeuner. A 3h du mat’. N’importe quoi. Elle peut bien me baratiner avec sa rotation de la terre, il est 3 heures du mat’ et puis c’est tout. Quoi Konichiwa ? Mais en plus elle m’insulte la bougresse.

Tant pis. Je n’ai pas dormi de la “nuit”, je me dis qu’au moins, le déjeuner va m’occuper. Funeste erreur. Je pensais qu’on avait touché le fond avec le premier repas, j’avais tort. Une fois de plus, le chef s’est surpassé. L’allure lugubre du plateau me renvoie à la composition du PSG annoncée par l’Equipe.

Sur les écrans est diffusée la télé japonaise. J’y jette à peine un œil. De toute façon, on peut bien m’annoncer la relégation du club, je ne capte rien. Je me venge sur une sorte de crêpe salée d’aspect douteux qui se défend bien et manque de me faire vomir. Je lutte. Si je l’avale, on se maintient.


Dimanche 12h15. Arrivée à Nagoya

“Sayonara et mes félicitations au chef. Qu’un soleil radieux illumine son chemin vers le Surgelé (façon polie de dire qu’on a pas trop aimé la nourriture)”. Je bondis hors de l’avion, baise le sol sacré puis avec l’habilité du grand fauve, j’accélère subtilement sur la droite de la file en faisant semblant de ne pas être trop pressé. Si je réussis à déborder, c’est que Mendy a planté hier soir. Je feinte et grille une vieille, inconsciente du drame qui se noue, puis une deuxième. Paris est magique. Je sors et me précipite à la recherche d’un kiosque. Et bien vous me croirez si vous le voulez mais les japonais ne lisent pas l’Equipe. Pour patienter, je tente sans succès quelques “Do you know Reinaldo” auprès d’un panel d’autochtones peu diserts.


Dimanche 12h30. Douanes.

A la douane, c’est le grand jeu : scanner pour la température corporelle, prises d’empreintes, interrogatoire. Il faut que j’en touche un mot à Alain. Ce sera plus compliqué que prévu de leur refourguer nos brésiliens cette fois.


Dimanche 13h05. Métro

Dans le métro, la discipline collective interpelle le supporter parisien. Ici, ce n’est pas visiblement pas Luis Fernandez qui est en charge des mises en places tactiques. Tout le monde connaît son rôle, les alignements sont impeccables, chacun est à sa place et on pénètre dans les wagons à la file indienne. Impressionnant. Je me dis que si le PSG a joué comme ça à Caen, il n’a rien pu lui arriver.

Je réprime avec peine une énorme bouffée d’angoisse.


Dimanche 14h00. Repas

Premier repas au Japon, lost in translation. Face à la carte des menus, je me sens vide, un peu comme Souza lors d’un briefing de Paul Le Guen. Sauf que c’était très bon.


Dimanche 15h00. Train

Un strident “Arigatou gozaimasu” (un genre de merci beaucoup que les japonais casent deux ou trois fois dans la moindre phrase) m’extirpe d’un demi-sommeil agité où défilaient des noms de villages effrayants genre Châteauroux ou Guingamp. Le contrôleur entre dans le wagon en saluant, s’incline. Je présente mon billet. Courbette reconnaissante. Re-”arigatou gozaimasu” et toutes ces sortes de choses. Psalmodiant quelques politesses, il sort du wagon à reculons (comme Armand lorsqu’il défend mais en plus rapide. Il a quand même une trentaine de Wagons à faire en trois heures).

Je m’inquiète de tant de prévenance. “Il est gêné. Il sait pour le match. IL SAIT !!!”

Je feuillette frénétiquement mon guide de voyage. Comment on commande une bière en japonais ?


Dimanche 18h00. L’arrivée. Enfin.

Je descends du train, un jus de litchi à la main. Mon frère m’accueille. Après les effusions d’usage, je tente un discret « Alors ? ».

-”3-0. Perdu.”

-”Tu plaisantes ?”

-”Non. 3-0. Souris. On aurait pu prendre plus .”




Le prochain match, si on ne le gagne pas, je le jure, j’arrête de regarder le foot.
Voir le profil de l'utilisateurTrouver tous les messages de fredEnvoyer un message privé
paris-marseille ou l'inverse c'est selon ...
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum
Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure  
Page 1 sur 1  

  
  
 Répondre au sujet